Depuis 2005, l’assurance maladie de la CPS souffre d’un déficit de financement lié en partie, au non-reversement par le Pays au RGS des taxes (notamment sur le tabac et l’alcool) qui avaient été levées pour compenser la baisse des charges sociales décidées par le Gouvernement.
A ceci, s’ajoutent les pertes d’emplois que nous subissons qui entraînent une forte baisse des cotisations.
L’incurie des Gouvernements successifs depuis 2005 a entraîné un pourrissement progressif de la situation.
Aujourd’hui le déficit s’élève à plus de 9 milliards et si rien n’est fait nous atteindrons 16 milliards en 2010.
Or, c’est la caisse de retraite qui avance le fonds sur ses réserves pour combler le trou de l’assurance maladie. Et malheureusement, ces réserves ne sont pas inépuisables.
Compte tenu des difficultés propres à la retraite, on risque la faillite totale de la CPS dans un avenir assez proche. Nos retraites ne seront plus payées ; les allocations familiales ne seront plus payées et les remboursements ne seront plus assurés.
Face à cette situation critique, les partenaires sociaux avec, pour une fois, l’appui des ministres en charge de la santé et de la solidarité ont décidé de prendre leurs responsabilités. Ils acceptent un effort de tous pour sauver la CPS. Cet effort porterait sur tous les acteurs : salariés, entreprises, malades, Pays et professionnels de santé publics et privés et serait limité à l’année 2010 pour se donner le temps de construire une réforme en profondeur du système de protection sociale.
Malheureusement, les professionnels de santé privés refusent catégoriquement de faire leur part de l’effort de solidarité.
Tout le monde est prêt à mettre la main à la poche, y compris les personnes les plus démunies, pour sauver le système, mais quelques un parmi les plus nantis refuseraient de participer.
Cette attitude est irresponsable et indigne.
On connaît la litanie habituelle des professionnels de santé qui consiste à dire que la méchante CPS refuse de soigner les gens. Non, la CPS veut que les gens soient soignés. Elle demande simplement que tout le monde fasse un effort.
Si les professionnels de santé du privé, refusent de participer à la solidarité nécessaire pour sauver le régime, les salariés refuseront tout effort supplémentaires alors qu’ils se débattent déjà dans les pertes d’emplois et les baisses de salaires.
Nous en subirons tous les conséquences, les professionnels de santé aussi.
Ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis.