Les valeurs syndicales du représentant

 

 

On ne peut parler de représentants du personnel sans les rattacher inévitablement au syndicalisme qui connait de nos jours un certain déclin voire un déclin certain.

Aujourd’hui, les voyants du syndicalisme sont au rouge pour signaler une situation alarmante. Les explications renvoient habituellement à des facteurs exogènes comme la crise économique et à des facteurs endogènes comme la nature même de l’action syndicale.

Mais, l’examen critique des causes montre que, sans être négligeables, ces causes sont loin de rendre compte de l’ampleur du phénomène. En fait, la crise durable du syndicalisme révèle une mutation profonde de notre société. L’élément le plus déterminant dans cette crise de l’identité syndicale vient de l’intérieur, de sa perversion et de ses compromis compromettants avec les chaines des pouvoirs politiques, financiers, religieux et médiatiques. Ce recul est le fruit des divisions syndicales internes, de la politisation de ses interventions et de la montée irrémédiable de l’individualisme.

Les organisations comme toute institution sont fragiles, donc mortelles. Nous avons la responsabilité collective de donner au syndicalisme un avenir et un horizon, et ce dans l’intérêt de celles et ceux que nous entendons défendre.

Devenir représentant du personnel est avant tout un engagement personnel, pas une profession.

Vous disposez aujourd’hui de moyens certes perfectibles, mais vous devez être armés de beaucoup de motivation et d’abnégation.

 

De l’engagement syndical

 

Faire du syndicalisme est une mission ingrate mais o combien gratifiante et noble si elle est dénuée de tout intérêt personnel, financier ou politique.

Le représentant doit s’attacher comme son syndicat à être libre, indépendant de tout pouvoir politique, financier, religieux ou médiatique pour servir l’intérêt collectif et sauvez les droits fondamentaux écrits par le sang des braves sur les pages de l’histoire de l’évolution du droit du travail et du droit social.

Vous aurez contre vous ceux qui détiennent les pouvoirs politique, financier, religieux ou médiatique. Vous aurez contre vous les syndicalistes véreux qui pactisent avec le diable ou cherchent des intérêts individuels.

Vous aurez contre vous des salariés qui aiment conserver la verdure des circuits opaques dont ils tirent des profits injustifiés aux dépens des autres salariés et en dépit de toutes les règles égalitaires de droit.

Mais vous aurez avec vous la mémoire de ceux qui sont tombés dans les luttes qui ont construits vos droits et libertés en tant que salarié de droit public ou du privé (droit d’association, droit de grève, droit aux congés, droit à la carrière, droit à la protection sociale…)

Vous devez être armé de courage nourri par l’obligation la plus noble d’un être humain qui est celle de la solidarité pour pouvoir laisser aux générations futures en héritage un socle protecteur aux salariés de demain.

Par tout temps et en tout lieu,

 

Vous ne devez pas vous désoler que les roses aient des épines mais vous devez vous réjouir que les épines aient des roses !

 

Et en tout état de cause, ce qui compte, ce n’est pas le nombre d’heures que vous consacrez à vos activités syndicales, c’est l’énergie que vous y mettez.

Votre mission de représentant est de réconcilier notre société avec le syndicalisme en Polynésie Française. Un syndicalisme qui construit et non un syndicalisme qui détruit.

Nous savons également que les critiques sont inévitables et mêmes les plus virulentes, elles tendent à confirmer la citation suivante :

 

« C’est avec les pierres qu’on nous jettent qu’on construit un jour notre piédestal. »

 

"extrait du module de formation Droit du travail en Polynesie G.SLAH 2018"